Mise sous monitoring à nouveau, je ne veux toujours pas m'allonger, je reste debout et tourne en rond parce que les câbles sont courts.
Les contractions sont toujours toutes les 2-3 minutes mais plus intenses... et puis ça vient toutes les minutes. Ca fait bien mal là.
cher et tendre regarde le monito et me dit à chaque début de contraction, en regardant le tracé :" il y en a une qui arrive là, oh, c'est une grosse" etc... Je lui fais comprendre que ses remarques sont agaçantes.
On appelle les sages-femmes, une élève me dit : "c'est un premier, c'est pas pour maintenant".
Une autre SF arrive et
cher et tendre lui explique que dans la famille ça va toujours vite!
On m'examine, je suis dilatée à 3-4. Ca fait mal, vraiment. Je m'accroche au bord du lit, je penche en avant pour souffler, expirer lentement en attendant que la contraction passe.
J'essaie de compter pour avoir 3 respirations pendant une contraction comme appris en cours.
On m'amène un ballon, je me pose dessus et là, 2 contractions et je commence à sentir mon bébé, j'ai l'impression de m'asseoir sur sa tête! En plus, cette position me fait très mal dans les rein, je ne peux pas rester comme ça, mais j'ai l'impression que je ne pourrais jamais me relever.
J'y arrive quand même, entre deux contractions.
L'élève SF me dit " dites-nous quand vous commencerez à avoir envie de pousser", me pose des questions pendant mes contractions, je la maudits intérieurement de me déranger et je commence à hurler "mais je pousse, évidemment, j'vous dit que mon bébé sort!!"
On me demande si je peux monter à l'étage à pied,
cher et tendre trouve un fauteuil roulant sur lequel je me pose tant bien que mal, assise sur une fesse, pour ne pas écraser la tête de mon bébé et on me monte en salle de travail.
Je suis dilatée à 9, ma fille est bientôt là.
Il est 17h10,
cher et tendre et moi avons bien mis 10 minutes pour convaincre que ce serait rapide, mon homme a même dû aller rechercher la SF en la tirant par la manche de sa blouse.
Je hurle, je beugle, pas des cris de douleurs ; mon homme dit que j'ai poussé des cris de guerre
Les murs de la maternité tremblent...
On m'a perfusé sans que je le sente, l'infirmière qui s'excusait à l'avance "ça va faire un peu mal" a vu mon sourire crispé... Elle avait oublié que je n'avais pas de
péridurale? Rien ne pouvait me faire mal, j'étais déjà dans un monde de douleur... Mais pas de souffrance.
Une première contraction sur le dos alors que je venais de m'allonger me coupe le souffle, cette contraction était dans les reins. Ca n'est pas possible, c'est trop douloureux sur le dos. Je veux me mettre sur le côté.
cher et tendre dit aux SF que depuis ma grossesse je ne suis pas bien sur le dos ( syndrome de la veine cave, ça n'a rien à voir avec la contraction, mais bon, j'ai le soutien de mon amoureux ).
Je me mets sur le côté, mon homme me tient le pied.
Il a été fabuleux, il n'a pas sourcillé quand je l'ai mordu ou quand je lui broyais la main, ou que je lui tenais les
cheveux à pleine main...
Je me suis "laissée pousser" une première fois : je sens la tête de bébé qui descend, la contraction repart, la tête remonte! Je me dis que si elle remonte à chaque fois elle ne sortira jamais, je stresse mais la contraction suivante ne va pas tarder, pas le temps de se poser plus de questions.
Une deuxième fois : la tête passe, ça brûle; c'est ça qu'on appelle le cercle de feu et cela porte bien son nom. J'essaie de ne plus pousser, la brûlure me fait penser que tout va se déchirer. Je ne veux pas être déchirée, mon bébé ne passera pas. J'arrête tout, tant pis je n'accoucherai pas, ma fille n'a qu'à rester à l'intérieur, je ne sais pas, on se débrouillera autrement...
La contraction suivante arrive et là je me dis que bon, puisqu'il le faut, mon bébé passera par là, quitte à tout déchirer, que ce soit la dernière contraction : je pousse de toutes mes forces et Rose sort enfin.
Son père l'attrape, jongle avec ma jambe et son cordon pour venir la poser sur moi.
J'ouvre les yeux que j'ai gardé fermés pendant presque toute l'expulsion et la première chose que je vois c'est mon homme, heureux, souriant et en larmes qui me présente notre fille.
Je les aime, je suis bien, ma fille est belle, cher et tendre est l'homme de ma vie, et je n'ai plus mal.
Notre bébé est né à 17h35, dans sa poche des eaux intacte, que la SF a ouverte une fois notre fille sortie.
Elle n'a pas pleuré, elle était sereine. Elle a fait "Ak" quand son père l'a posée sur moi.
C'est lui qui a coupé le cordon, et on nous a laissés seuls. En famille.