Maman - La solitude des couples face aux médecins...

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Fausse couche © Shutterstock
Fausse couche
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C'était il y a 6 ans...
J'étais enceinte de presque 3 mois. Cette grossesse nous était tombée dessus par hasard (oui c'est encore possible!) à la suite d'un traitement ovarien visant à réduire un kyste. Nous ne nous y attendions pas et pourtant quelle joie de s'imaginer parents, quels espoirs formés durant ces quelques semaines, quel bonheur en perspective!...

Deux jours avant nouvel an, j'ai commencé à perdre du sang, nous sommes donc allés le plus rapidement possible à la maternité pour consulter un gynécologue en urgence. C'est une gynécologue qui m'a reçue et ce fut on ne peut plus rapidement expédié!

Elle a commencé par me demander la date de mes dernières règles mais mon traitement les avaient arrêtées et je n'avais donc pas de date à lui communiquer. Je me suis quasiment faite engueuler comme une gamine, elle m'a envoyée sur la table d'examen et après une échographie rapide et sans aucun mot d'explication, elle m'asséna brutalement :
"Il n'y a pas de cœur qui bat, c'est une fausse-couche. On vous fera un curetage dans une semaine, si vous souffrez trop ou que vous perdez trop de sang d'ici là, revenez nous voir!"
Voilà, fin de la consultation...

On se retrouve devant la maternité, choqués, perdus. Mon ami me répétait que c'était mieux ainsi, qu'il valait mieux ça plutôt que d'avoir un enfant malade... Oui mais comment se raisonner dans un instant pareil, comment ne pas se sentir seule et totalement réduite en morceaux?

Le soir du 30 décembre, soit le lendemain, je souffrais tant que je me suis rendue à la maternité pour effectuer le curetage plus tôt que prévu. En même temps, comment peut-on décemment demander à une femme de porter la mort une semaine durant sans considérer son état psychologique?

J'ai été préparée pour l'opération par une infirmière qui m'a dit que ça n'était pas grave puisque c'était le premier, qu'il s'agissait de ce qu'ils appelaient la "fausse-couche de la jeune mariée". Ah bon?! Ça n'est que ça?! Quel sens aigu de la psychologie vraiment!

Dans la salle d'opération, je retrouve ma gynécologue toujours aussi amène, pas un mot en dehors d'un ou deux détails techniques du genre "Avez-vous mangé? Avez-vous des allergies médicamenteuses?..." Mais pour la femme face à elle pas un mot...

Arrive alors l'anesthésiste qui n'a pas plus de considération pour moi que sa consœur. Il m'applique le masque et, dans les brumes de la pré-anesthésie, je l'entend parler à sa collègue du cas d'un patient qu'il n'arrive pas à réveiller. C'est ma première opération... Décidément, cet hôpital est-il réellement constitué d'êtres humains?

Une fois l'opération passée, on me renvoie chez moi sans aucune autre considération humaine. Techniquement ils furent irréprochables, mais que fait-on du facteur humain dans ces conditions?

J'ai appris par la suite que quelques personnes dans mon entourage avaient elles aussi subit une opération de ce type et qu'elles n'avaient visiblement pas été plus épaulées que moi.

Une femme qui décide d'avorter sera suivie psychologiquement dans sa démarche. Aucun suivi de ce type n'est prévu pour les femmes victimes d'une fausse-couche. Pourtant, dans un cas comme dans l'autre, quelle souffrance, quel sentiment d'abandon, de solitude! Se peut-il qu'aujourd'hui, en France, on continue à faire si peu de cas de la souffrance humaine?

Il ne nous reste plus qu'à espérer que le corps médical dans son ensemble, malgré la surcharge de travail qui lui incombe, prenne conscience de l'importance de toujours garder une oreille humaine attentive aux problèmes humains de ses patients.

Je suis aujourd'hui la maman comblée de 2 petits garçons, pourtant je me suis bien gardée de leur parler de cette "première fois". C'est leur histoire également mais comment réussir à partager cet évènement avec eux sans avoir le sentiment de souffrir de nouveau et de leur faire partager cette souffrance?

Je me contente donc d'espérer que les pères qu'ils deviendront peut-être un jour n'auront pas, à leur tour, à vivre un tel évènement dans l'indifférence du corps médical...


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Edité par Laetitia.rouffineau Publié le 03-11-2008
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