Maman - Le cri lors de l'accouchement

Agrandir l'image - Cri de l'accouchement © Shutterstock
Cri de l'accouchement © Shutterstock
Cri de l'accouchement
© Shutterstock

L’accouchement est aujourd’hui particulièrement surveillé, encadré, maîtrisé. On le programme et on l’organise pour qu’il s’insère parfaitement dans notre planning, la première chose qu’on fait en apprenant une grossesse est bien souvent de calculer la date présumée d’accouchement (et dans la foulée les échographies et les congés maternité). On prévoit aussi le déroulement de l’accouchement en lui-même, de la péridurale à l’homéopathie pour favoriser le travail.

Et quand le jour J arrive… On s’adapte.

Accoucher est une expérience sans équivalent d’intensité et plus extrême que n’importe quel saut à l’élastique qui met à bas toutes nos préparations mentales et nos plans bien huilés, d’autant plus facilement qu’on accouchera sans péridurale. Un des aspects de l’accouchement que l’on imagine jamais, c’est la façon dont on exprimera cette intensité, cette tension et souvent la douleur ressentie.

On ne peut jamais prévoir qu’une femme gémira, criera ou gardera un silence concentré. Lors d’une préparation classique à l’accouchement la sage-femme explique généralement comment gérer une contraction en se concentrant sur la respiration ; On aborde plus rarement une préparation qui canaliserait les sons ou cris potentiels par le biais de l’apprentissage du chant prénatal. S’exprimer en vocalisant ou en chantant aura alors partie prenante dans l’accouchement.

Certaines gémiront tandis que d’autres crieront. Alors que le premier est un cri plaintif associé à la souffrance le second est un son fort dont on peut faire diverses interprétations. Les deux en tout cas nous renvoient à notre animalité et on pourra s’interroger sur la place qui lui est laissé dans notre monde moderne et aseptisé.

Pourquoi crier ?

- D’un point de vue psychanalytique, les grossesses sont pour chaque femme une phase de "transparence psychique" durant laquelle affleurent à la surface du conscient les peurs ou les souffrances anciennes qu’on avait cru parvenir à enfouir. A l’occasion du commencement d’un nouveau cycle, notre inconscient fait place nette pour l’arrivée d’un nouvel être humain. L’accouchement est le point d’orgue de ce processus, un moment pendant lequel toutes les barrières conscientes tombent et le cri peut permettre d’extérioriser des angoisses sur lesquelles on ne peut pas toujours mettre des mots.

- Lors d’un accouchement où la femme conserve sa liberté de mouvement, où son intimité est préservée il arrive parfois qu’elle se renferme dans sa bulle et accède à un état neurologique particulier. Le cortex se trouve en quelque sorte désactivé et c’est le cerveau reptilien, archaïque qui prend le contrôle. La parturiente devient spectatrice des mouvements de son corps, ne maîtrise plus les cris qui s’échappent.

- Le cri peut avoir des bienfaits plus simples et immédiats, il est souvent ressenti comme un moyen de se défouler, de dépasser la douleur physique. Pour certaines il donnera la force pour fournir l'effort intense que demande un accouchement.

- Physiquement, les sons graves font résonner le bassin et l'abdomen de la même façon que pincer une corde de guitare fera vibrer la caisse de résonance. C'est un moyen de se rassurer en se berçant et d'opérer une sorte de massage sonore. Par ailleurs, crier force à s'oxygéner, on sait aujourd'hui que des poussées en apnée sont néfastes pour toute la zone périnéale.

Quelle place pour le cri ?

Quel est aujourd’hui la place que l’on laisse au cri dans une salle d’accouchement ? Le cri n’est pas uniquement le reflet de la douleur alors pourquoi semblons-nous nous diriger vers une société où les salles de pré-partum et d’accouchement doivent être silencieuses ?

Depuis l’apparition de la péridurale, il est devenu persona non grata ne cadrant pas avec l’image de maîtrise et de sécurité que les maternités cherchent à donner. Un milieu aseptisé paraîtra inhospitalier et bridera l'instinct qui pousse certaines à crier.

Les autres parturientes pourraient par ailleurs s’inquiéter des cris d’autres femmes qu’elles ne voient pas et dont elles ne connaissent pas la condition.

Le cri peut malheureusement être un hurlement qui sera uniquement l’expression d'une grande angoisse ou souffrance. Il sera alors souhaitable que le personnel soignant soit à l’écoute de la parturiente et sache distinguer la panique de l'accompagnement de contraction.


Articles similaires :
- J'essaye l'oligothérapie pour mon bébé
- Le top des excuses des enfants pour retarder le coucher
- Qu'est-ce que l'entretien individuel au 4ème mois de grossesse ?
- Le brevet des collèges... vers la maturité
- Les dix commandements pour bien vivre sa grossesse
Questions similaires :
- Quand pensez vous?
- Avez-vous eu peur que l'accouchement se passe mal ?
- La retraite ca vous inquiète ?
- Que faite vous des petit cadeaux que vos enfants fabrique a l école
- Vos enfants portent ils des chaussures à lacets ou uniquement en velcro?
Imprimer   Envoyer à un(e) ami(e)   Ajouter aux favoris
Edité par Blairote Publié le 06-07-2009
Voir la fiche de Blairote
Lui envoyer un message privé

Commentaires publiés


Aucun commentaire

 
 
Connexion
Mot de passe perdu ? Devenir membre !
Pourquoi devenir membre ?
Rédigez des articles et gagnez des Euros sur le site
Echangez vos Euros dans la boutique : plus de 100 cadeaux !
Echangez des messages privés avec les membres du site
Ajoutez vos articles préféré dans votre espace Favoris
Donnez votre avis en laissant des commentaires sur les articles