Bien-être & Forme - Le harcèlement moral au travail : mon histoire

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Harcèlement moral
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C'était il y a voilà déjà 3 ans. Et pourtant encore aujourd'hui mon corps se crispe lorsque j'entends le nom du village ou je travaillais, je n'y suis retourné que récemment, et j'ai senti l'angoisse monter. Des personnes bien sous tous rapport ont fait de ma vie un enfer.

Octobre 2001, je trouve un contrat emploi jeune d'aide-éducateur dans une école primaire privée d'un petit village. Pendant 3 ans, j'ai fait du chant, du sport, préparé le spectacle de fin d'année, j'ai même enseigné l'anglais aux enfants du CE1 au CM2. J'ai trouvé ma place dans cette école, les enfants m'appréciaient et les parents aussi. Pour les enseignants, j'étais un bonus non négligeable car grâce à moi, nous pouvions couper les classes en deux à certains moments de la journée ce qui permettait d'avoir des petits groupes de travail en lecture par exemple.

Seulement voilà, les petites écoles de village ont souvent des problèmes financiers important, et la 3ème année de mon contrat, j'ai commencé à avoir des petits soucis pour avoir mon salaire en fin de mois. Souvent, je devais réclamer plusieurs fois avant d'avoir mon chèque, et seule avec ma fille ce n'était pas évident tous les jours car j'avais une nounou à payer en fin de mois, et j'ai souvent dû appeler la banque en catastrophe car mon salaire n'arrivait pas.
A la fin de cette 3ème année de contrat, j'ai rencontré celui qui est aujourd'hui mon mari, et du coup les fins de mois étaient moins angoissants pour moi, je savais que je pouvais compter sur quelqu'un si le salaire tardait.

J'ai entamé ma 4ème année de contrat avec une nouvelle directrice, sympathique mais ne connaissant pas l'école, ni certains parents. Dès le début de l'année, j'ai senti que les finances de l'école étaient catastrophiques, mais je ne m'inquiétais pas étant donné que mon salaire était entièrement remboursé par l'état. Pourtant, en mars, la trésorière de l'OGEC(mon employeur) est venue me voir en me demandant directement "vous ne cherchez pas du travail ailleurs?"
J'étais un peu surprise mais non, j'étais bien ici, mon travail me plaisait, et j'avais mes vacances pour ma fille ce qui n'était pas négligeable, il faut l'avouer.

A partir de ce moment là, j'ai commencé à entendre des choses bizarres à l'école: un exemple tout bête : un jour, le fils de la trésorière m'a demandé devant tout le monde ce que je faisais vraiment dans l'école, à quoi je servais. J'étais assez surprise, et j'ai commencé à me méfier quand la présidente de l'OGEC a commencé à me demander mes horaires de travail, puis la semaine suivante un emploi du temps précis et minuté. Ensuite, elle m'a demandé de faire tout le travail de préparation sur mon lieu de travail, et de revenir le mercredi (50kms aller-retour) car les heures de préparation à la maison n'étaient pas comptées dans mon emploi du temps. J'aurai bien aimé, mais n'ayant aucun accès informatique, il m'était impossible de préparer mon travail à l'école, et donc inutile de faire ces kilomètres et en plus payer ma nounou pour le mercredi matin.
Une institutrice qui discutait souvent avec la présidente, a commencé à changer de comportement avec moi : elle me laissait des heures sans rien faire dans sa classe, je demandais à prendre des enfants en difficulté pour les aider mais elle refusait, disant que ce n'était pas possible. Je restais parfois 2 heures dans sa classe à coller 3 feuilles et à attendre que le temps passe.

J'ai commencé à perdre mon entrain, à sentir le regard de certains parents sur moi à la sortie de l'école, les regards gênés... Petit à petit, mon moral en a pris un coup, et pendant 1 mois, je pleurais chaque matin en arrivant au travail dès que je voyais cette femme venir vers moi pour me faire des remarques sur mon emploi du temps ou mon travail. Je n'arrivais plus à rien faire, chez moi, le moindre petit truc prenait des proportions terribles, je n'avais plus la force de faire la vaisselle... je ne me reconnaissais plus. Un jour, en pleine classe j'ai éclaté en sanglots. Le lendemain, la trésorière venait me dire qu'ils ne pouvaient pas me licencier car ça leur coûterait trop cher mais que mon salaire était pris en otage par la banque qui refusait de le payer tant que l'école ne trouverait pas de solution financière rapide. Le soir même, j'allais chez mon médecin, et pleurait dans son cabinet pendant un long moment avant de pouvoir dire 2 mots... j'étais à bout, car les instits me disaient que je me faisais des idées, et moi je culpabilisais d'être dans cet état alors qu'il n'y avait pas de raisons. Mon médecin m'a arrêtée pour dépression, et pendant 1 mois je ne suis pas retournée travailler.
En juin, fin d'année scolaire, je suis retourné au boulot, stressée mais avec l'espoir que tout reprenne comme avant. Malheureusement non, et j'ai fini l'année comme un zombie.

Début juillet, alors que nous mettons en place mon travail de l'année suivante avec les instits, la présidente débarque et commence à nouveau à me faire des réflexions sur mon travail, sur le fait que mon arrêt de travail était inadmissible, qu'elle avait besoin de personnel en forme, et sur le fait qu'elle voulait savoir chaque jour mon heure d'arrivée et mon heure de départ. Elle ajoute également que l'année suivante, je devrais revenir le mercredi faire le ménage car je cite" ce n'est pas parce que ce n'est pas écrit dans votre contrat que vous ne devez pas prendre un balai".
J'ai explosé, je me suis mis à hurler, à pleurer. J'ai disjoncté devant une bonne dizaine de personnes. Je suis rentrée chez moi, c'était les vacances scolaires, j'avais 6 semaines de repos. Il m'a fallu 3 semaines pour me remettre d'aplomb en apparence, et les 3 semaines suivantes à réussir à relativiser les choses. Je me suis dit qu'une nouvelle année allait commencer et que reposée, j'allais faire face.

La pré-rentrée avec les instits et la directrice s'est super bien passée : on a commencé à mettre en place la bibliothèque, gros projet de l'année pour moi, et à installer des ordinateurs récupérés pour pouvoir faire de l'informatique avec les enfants. J'était en forme, souriante, bref contente de voir que mon travail était toujours d'actualité. Mais 2 jours après la rentrée, j'apprends que cette femme était revenue à la charge auprès de la directrice pour contrôler mon travail et mes horaires. Personne n'osait me le dire, et je l'ai appris par hasard lors d'une conversation. Et moi qui me croyait en forme, il m'a fallu 2 secondes pour éclater en sanglots. Le soir même, pot de rentrée offert à l'école, je vais chez le médecin d'abord, en pleurs... il m'arrête aussitôt en me disant soi de contacter la médecine du travail, soit de prendre une décision car j'allais m'enfoncer rapidement à ce rythme là.

Je suis retournée à l'école, la directrice faisant un discours sur mon travail et les projets de l'année avec moi. J'ai attendu qu'elle termine, je lui ai transmis ma feuille d'arrêt et je suis partie. J'ai envoyé ma démission le 7 septembre, et 4 ans jour pour jour après mon arrivée dans l'école, je suis partie comme ça, sans un mot pour les enfants ni les parents. Ils avaient gagné! Je suis partie sans aucune indemnité, sans même le paiement de mes congés payés car rien n'apparaissait clairement dans mes fiches de salaires. Un représentant d'un syndicat que j'avais contacté m'a dit que j'allais engager des mois de procédure pour 300 euros... je ne m'en sentais pas capable psychologiquement, et je ne voulais plus entendre parler de tout ça.

6 mois plus tard, j'ai revu la directrice de l'école. Elle venait d'apprendre que la trésorière n'avait pas signalé ma démission et qu'ils avaient donc continué à toucher mon salaire de l'état alors que je n'étais plus là. Il fallait rembourser 6 mois de salaire pour une école déjà bien au fond financièrement.
La directrice m'a aussi confirmé que tout avait été fait pour que je parte et que la présidente et la trésorière, ainsi qu'un instit, avait bien réussi leur travail. Je me suis sentie mieux, juste de savoir que je n'avais pas rêvé!

La présidente a démissionné quelques mois après. L'instit, bizarrement, a passé sa dernière année avant la retraite en arrêt maladie... un an après, j'ai rencontré une maman avec qui je m'entendais bien qui pensait que j'était partie car mon contrat était fini, une autre car j'avais trouvé un travail en CDI... bref, j'ai appris que mon départ avait été étouffé également pour éviter toutes embrouilles.

Aujourd'hui, tout est derrière moi, même s'il a fallu des mois pour retrouver confiance en moi. J'ai rencontré il y a quelques mois la fameuse présidente en pleine discussion avec le maire. Je me suis dirigée vers eux le coeur battant, j'ai souhaité le bonjour au maire et refusé la main de cette femme qui me regardait avec un grand sourire comme si de rien n'était. Un regard dédaigneux et méchant de ma part, c'est tout ce qu'elle a eu, et elle a vite perdu son sourire.

J'ai fini mon histoire ici, même si j'espère un jour être capable de dire à cette femme le mal qu'elle m'a fait. Pour preuve que pour moi, tout n'est pas digéré, je termine mon récit en tremblant et le corps complètement crispé...

Je ne peux même pas donner de conseils, si ce n'est qu'il vaut mieux parfois partir que laisser le mal empirer jusqu'au point de non retour. 3 jours après ma démission, je trouvais du travail en intérim dans une usine, puis 6 mois plus tard je commençais un remplacement dans une crêche. Si j'étais resté là-bas encore une année, je ne sais pas comment j'aurai fini.


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Edité par Babeillea Publié le 29-10-2008
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