Maman - Maman, je souhaite devenir infirmière

Agrandir l'image - Devenir infirmière © Shutterstock
Devenir infirmière © Shutterstock
Devenir infirmière
© Shutterstock

Ma scolarisation n’a pas toujours été toute rose.

Au collège, je me souviens encore de mes professeurs qui disaient lors des conseils de classe :

"Laura n’y arrivera pas. Il serait préférable pour elle de partir directement en formation pour pouvoir entrer dans le monde du travail le plus rapidement possible".


Comment voulez-vous avancer avec cela ? Des professeurs qui sont censés nous guider, nous aider dans nos démarches, dans nos rêves, qui au collège sont encore bien fous.

Certes en troisième, je n’avais pas les notes « normales » que je me devais d’avoir pour pouvoir accéder à un cursus général.

J’ai réussi à avoir mon Brevet de collège, tout le monde était étonné. Mais je l’avais.

Je désirais intégrer une classe de BEP carrière sanitaires et sociales mais pour faire quoi ?

Je me le demande, je ne savais pas encore, puis j’avais le temps de décider.

Il n’y avait pas de place, des notes trop faibles pour passer devant d’autres personnes ayant des notes plus hautes que les miennes, des motivations certes plus éloquentes que les miennes aussi.

C’est seulement fin août, juste avant la rentrée, qu’un lycée m’a donné l’opportunité d’avancer dans la vie.

La directrice m’a donné rendez vous, et m’a proposé d’intégrer un programme qui consistait à passer par une année de BEP pour me remettre à niveau, et ainsi, pouvoir intégrer par la suite, une seconde SMS sciences médico-sociales, qui m’ouvrirait par la suite les portes du social, et aussi du paramédical.

J’avais en tête de devenir éducatrice spécialisée pour enfants handicapés. C’était un projet, je m’y voyais bien.

Premières heures de cours en BEP bio service : mais qu’est ce que c’est que cette filière ?

De la cuisine, entretien des locaux, vie sociale et professionnelle… j’en passe.

Je ne comprenais pas comment d’une filière comme celle là, je pouvais accéder à une filière BAC technologique SMS.

J’ai donc avancé doucement mais surement, puis je me suis retrouvée dans une classe qui en voulait, qui voulait se sortir de la galère et qui voulait montrer aux autres de quoi nous étions capables.

J’ai donc suivi le mouvement, j’ai rencontré des personnes extra comme mes deux meilleures amies, mais aussi des professeurs qui se donnaient à 300 % pour leurs élèves, il fallait que nous réussissions et nous allions réussir.

Au bout de ma première année de BEP j’avais la possibilité d’entrer en seconde SMS, mais têtue comme je suis, je n’aime pas commencer quelque chose et ne pas le terminer.

J’ai donc décidé de continuer ma deuxième année, d’avoir mon BEP et par la suite entrer en SMS.

C’était chose faite, j’ai passé mon BEP bio service, je l’ai eu et je suis entrée en seconde SMS, quel bonheur.

Mes parents étaient fiers de moi, fiers que je me sois reprise en main, mais aussi que je réussisse.

J’ai donc fait mes trois années de baccalauréat en sciences médico sociale. Avec des notes plus que satisfaisantes. Je m’y plaisais, et je m’y donnais à fond. Je voulais mon BAC.

Oui, d’accord, je voulais mon BAC, mais qu’est ce que j’allais faire après ? Qu’est ce que j’allais faire avec un BAC Sciences Médico-Sociales ?

Jusqu’à ce mois de mars 2006, je devais représenter mon lycée, ma filière, à « Studyrama », le forum des lycéens, afin qu’ils choisissent leurs filières. Tous les lycées, toutes les grandes écoles les facultés y sont représentés.

A ma pause avec une amie, nous avons fait le tour du forum, je suis tombée par hasard sur l’école d’infirmières. Et je m’y suis arrêtée. J’ai pris les renseignements, mais aussi une feuille d’inscription au concours d’entrée à l’école d’infirmières. J’avais encore 2 semaines pour m’y inscrire. Deux semaines c’est court pour choisir, réfléchir, peser le pour et le contre.

Mais je me suis lancée, comme on jette une bouteille une bouteille à la mer.

J’ai rempli le formulaire, et en rentrant à la maison mes parents étaient là. Et je leur ai annoncé la nouvelle, « Maman, Papa, je veux devenir infirmière je me suis inscrite pour le concours ».

On ne sait jamais, puis je pourrais toujours le repasser l’année prochaine car je sais qu’il y a très peu de place pour l’école.

L’école que j’avais choisie n’accepte que 45 élèves chaque année. 45 élèves sur 500 candidats postulants au concours. Comme cela, si je ne l’avais pas la première année, je savais comment cela se passait. Et j’y retournerai l’année d’après.

Je me suis lancée dans ce concours les mains dans les poches. Sans réviser quoi que ce soit. Le concours comportait deux étapes. Une première avec des tests psychotechniques, et une deuxième si nous avions réussi la première : une étape orale.

Ce 4 avril 2006, je me suis levée avec une migraine horrible, je voyais double, je ne me sentais pas bien mais j’y suis quand même allée.

A 8h30, le concours a commencé et je me suis mise à écrire, écrire et encore écrire tout en réfléchissant.

Ma tête me faisait mal, mais il fallait que je termine cette première étape. J’aurais donné le meilleur de moi-même.

Une fois le concours terminé, je suis rentrée chez moi, et j’ai dormi toute la journée.

J’ai eu les résultats des tests psychotechniques par une amie qui l’avait passé avec moi, je n’y croyais pas, j’étais donc restée en cours alors qu’elle était allée à l’école chercher les résultats.

Nous avions passé un accord avec notre professeur de biologie, je m’en souviens encore comme si c’était hier.

Nous sommes allées la voir en début de cours avec toute les filles de ma classe qui avaient passé le concours. Et nous lui avons dit qu’Eugénie s’était rendue à l’école d’infirmières pour voir les résultats : elle devait nous appeler, il fallait qu’on lui réponde pour savoir.

A 14h, c’est mon téléphone qui se mit à sonner, pourquoi le mien et pas celui d’une autre ?

Le mien par ce que j’étais la seule de ma classe à avoir réussi la première étape, la seule de toute l’école.

Une de mes profs m’a suivie tout le restant du temps, jusqu’à ce que je passe mon oral, car je devais aussi passer mon BAC en même temps il ne fallait pas que je l’oublie, car sans BAC adieu l’école d’infirmières.

Le jour où je devais passer mon oral pour l’entrée à l’école, je passais aussi mon oral de communication.

Le matin j’étais donc au lycée, une fois mon oral terminé, je me rendais à l’école d’infirmières pour passer mon deuxième oral de la journée.

Je m’attendais à quelque chose de difficile.

Nous devions tirer au sort un sujet sur une table et nous avions 20 minutes pour réfléchir à ce que nous allions en dire.

La poisse : je tombe sur la grippe aviaire, c’était à l’époque en première page de tous les journaux, donc pour cela c’était clair dans ma tête.

Mais il fallait aussi que je parlemente sur le SRAS ! Des initiales dont je ne connaissais pas la signification !

C’est bon je comprenais que mon parcours allait s'arrêter ici. Je sentais l’angoisse monter en moi : Qu’est ce que je vais bien pouvoir dire ? Comment je peux parler de quelque chose que je ne connais pas ?

Et puis 20 minutes c’est court, très court, car j’ai eu le temps de lire mon sujet peut être trois fois et me voilà dans la pièce ou je devais présenter mon oral face à une psychologue, un formateur, et la directrice.

J’ai pris mon courage à deux mains, et je me suis présentée avec une voix sûre de moi, sûre de ce que j’avançais face à ce jury qui n’avait pas l’air très aimable.

Puis la directrice me demanda de parler un peu du sujet que j’avais tiré, et là je dois dire que je me suis épatée toute seule.

J’ai présenté mon sujet, et je leur ai dit « Par contre, excusez-moi, mais je n’ai pas traité la partie concernant le SRAS car je ne sais absolument pas de quoi il s’agit, et je ne veux pas parlementer sur quelque chose que je ne connais pas, donc je me suis abstenue ».

Elle m’a donné la signification de ce sigle «Syndrome Respiratoire Aigu Sévère » mais cela ne m’a pas fait avancer non plus.

Le cadre présent m’a alors posé des questions concernant mes motivations, la psychologue a essayé de me déstabiliser.

Mais en vain, au bout des 30 minutes d’oral, je suis sortie soulagée, vidée et heureuse. J’avais donné tout ce que je pouvais. Maintenant les cartes étaient entre leurs mains, c’était à eux de choisir.

La veille des résultats du BAC, soit le 5 juillet, je vais à l’école voir les résultats, et des pleurs des rires et tout cela de joie.

J’étais sur la liste, j’étais admise à l’école. La Directrice de l’école est sortie, et elle m’a dit : « Je me souviens de vous, vous nous avez bluffé en nous disant clairement que vous ne saviez pas et qu’il était hors de question de parler de quelque chose que vous ne connaissez pas, c’est pour cela que l’on vous a dit oui ».

J’ai donc intégré l’école. Fière de moi. Je venais de signer pour trois ans et demi d’études. Avec à la clé un diplôme. Un métier.

J’ai passé mon diplôme en novembre 2009, et je ne l’ai pas eu.

Je me suis remise en question je ne comprenais pas, pourtant j’étais sûre que c’était bon.

La surveillante et l’équipe soignante m’avaient fait comprendre que c’était bon. Et pourtant je me suis retrouvée seule face à la liste où tous mes collègues de promo ou presque étaient inscrits.

Mais ce n’était que partie remise, je pouvais le repasser 3 mois plus tard en janvier. Et j’ai repassé mon diplôme le 2 février 2010. Et j’ai tout donné de moi-même, je leur ai montré de quoi j’étais capable.

En mars 2010, j’ai eu les résultats et j’étais inscrite sur la liste : j’étais officiellement infirmière diplômée d’Etat.

La morale qu’il faut tirer de mon histoire, je pense, c’est que quoi qu’il arrive, quoi qu’il ce passe, quoi qu’on vous dise, il faut se battre pour y arriver.

Je ne suis pas quelqu’un de parfait, mais en me battant j’ai réussi à démontrer aux personnes qui ne croyaient pas en moi que j’en valais la peine et que j’allais réussir ce que j’entreprenais.

Alors battez vous !


Articles similaires :
- On n'est pas prêt, mais l'enfant prématuré paraît
- Comment choisir la bonne orientation ?
- Futurs parents : la boîte à tendresse, le site à ne pas rater
- L'UE veut distribuer des fruits gratuitement dans les écoles
- Protéger bébé du soleil pour cet été
Questions similaires :
- Vive les hormones !
- Vous êtes née ou?
- Bientôt réunion de famille
- Holà. Quel est le meilleur souvenir que vous avez de votre mère ?
- Quel surnom vous donnez t'on quand vous étiez petite ou encore maintenant?
Imprimer   Envoyer à un(e) ami(e)   Ajouter aux favoris
Edité par Louloutine06 Publié le 25-03-2010
Voir la fiche de Louloutine06
Lui envoyer un message privé

Commentaires publiés


Aucun commentaire

 
 
Connexion
Mot de passe perdu ? Devenir membre !
Pourquoi devenir membre ?
Rédigez des articles et gagnez des Euros sur le site
Echangez vos Euros dans la boutique : plus de 100 cadeaux !
Echangez des messages privés avec les membres du site
Ajoutez vos articles préféré dans votre espace Favoris
Donnez votre avis en laissant des commentaires sur les articles