Maman - J'ai mis 10 ans pour faire le deuil de mon fils

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2ème accouchement.
Le 26 août 1984 en soirée je commence à avoir des douleurs et je ne me sens pas bien, mon mari présent m'emmène doucement jusqu'à Toulon dans une clinique catholique.
Je ne l'ai pas choisit, c'est là où exerçait mon gynéco-accoucheur.
Je lui ai fait confiance.

A mon arrivée, on me fait un examen avec le monitoring et là, sans rien me dire, la personne va chercher sa supérieure.
Toujours, sans rien nous dire, on me demande de patienter un instant avant d'aller faire une échographie.

Résultat, on nous annonce, qu'au monitoring on entendait qu'un seul battement : le mien !
A l'échographie, il s'avère que mon enfant ne vit plus.
Comment pensez-vous que vous pourriez comprendre ce qui vous arrive, comprendre ce que l'on vous explique et accepter et croire, à cet instant là ?

Avant d'aller en salle d'accouchement, nous sommes sortis et nous avons monter un grand escalier et à ce moment-là :
moi qui ne croyait pas ce que l'on venait de me dire, car ma grossesse s'était très bien déroulée, j'ai toujours senti mon bébé bougé et je ne pouvais pas croire ce qu'on me disait.
Je n'ai eu qu'une envie partir en courant, m'échapper, moi et mon petit !

Mais j'étais fatiguée, il faisait très chaud et mon ventre était lourd !

Comme une somnambule, j'ai fait ce que l'on m'a dit. Mon mari était anéanti et il attendait dans la salle à côté. La sage-femme qui m'accompagnait a appelé le médecin accoucheur de garde, car le mien était en vacances, injoignable et n'aurait pas pu venir de toutes façons.

Avant que le médecin de garde n'arrive et sans réfléchir, la sage-femme a percé la poche des eaux.
Et ça elle n'aurait jamais dû le faire, car cela aurait pu aider à faire descendre l'enfant.
Le nom de famille du médecin est resté graver dans ma mémoire, le Dr NOEL, quel cadeau en effet !

Il n'y a pas eu de césarienne, peut-être qu'il était trop tard, je ne sais pas. Ils ont procédé à l'accouchement comme ça, direct, on m'a demandé de pousser, j'étais tordu de douleur. Çà a marché un peu, mais pas beaucoup, alors une infirmière est venu en s'excusant et de tout son poids, s'est appuyée sur le haut de mon ventre, pendant que je poussais.

J'ai alors réfléchis très vite, j'ai pensé que ma fille pourrait continuer à vivre avec son papa, et que moi je pouvais accompagner mon fils, car à aucun moment je ne pensais le quitter et je me suis laissée partir.

Avec brutalité, on m'a branché au goutte à goutte pour me retenir et j'ai hurlé car ma douleur physique et morale mélangée ne me permettait plus de cacher ma douleur de mère.
Moi qui avait imaginé mon fils dans mes bras pendant ces 9 mois, quelle mère étais-je aujourd'hui.

Puis mon bébé est arrivé et à part me dire, il n'y a pas de cas de diabète dans la famille ? on ne m'a même pas proposé de le porter dans mes bras et c'est ce que j'aurai tellement aimer faire, même enveloppé dans une couverture, s'ils ne voulaient pas que je le voie, mais sentir son poids contre moi, m'aurait je pense sincèrement fait beaucoup de bien.

Après l'accouchement la jeune femme qui s'était appuyé sur mon ventre m'a rejoint dans la chambre et m'a parlé, ça m'a fait du bien sur le moment.

Cette nuit-là j'ai pleuré sans discontinuer, dieu était sur la croix au-dessus de ma tête, et moi qui ne suit pas très église, j'avais l'impression qu'il était près de moi.

Il s'est mis à pleuvoir et j'ai pensé qu'il manifestait ainsi ses larmes pour m'accompagner.

Le lendemain matin, j'aurais aimé prier et à ce moment là, une sœur a ouvert la porte, elle m'a littéralement toisée et a dit :
c'est vous, qui avez fait ça !
Je devais représenter le diable pour elle ?

J'ai ensuite reçu ma famille et ma fille était là, du haut de ses 4 ans et elle est entrée en trombe pour voir son frère. En pleurant à moitié, je lui ai expliqué qu'il était trop malade, qu'il n'avait pas pu l'attendre pour la rencontrer et qu'il était monté au ciel avec les oiseaux et que de là-haut il l'a regarderait toujours et qu'il lui porterait bonheur.

Je ne cherche pas à me faire plaindre, mais ça fait du bien de pouvoir partager ses lar. C'est la première fois que j'en parle à tant de monde, j'ai l'impression de mettre ma vie en vitrine, mais après tout, où est le mal.

Je m'excuse de vous mêler à ma souffrance, et sachez que vous toutes les femmes, je vous admire, car vous êtes courageuses, plus qu'on ne pourrait le croire.
BIZ à toutes


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Edité par Aghavnie Publié le 11-12-2008
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Commentaires publiés

Ecrit par : sebanddaisy Le 05-03-2009 à 14:05
Je viens de lire ton article, je suis tres emotive dans le coeur, et c avec les larmes aux yeux que j'ai terminé ton recit, je pense que le fait de mettre des mots sur une souffrance ça fait enormement de bien, de pouvoir le dire aussi, alors, je compati a ce que tu as du vivre et surtout survivre a cela,tu as un courage de femme et de maman, c certain, je te fais de gros bisou

Ecrit par : vanylya Le 21-02-2009 à 19:50
Bravo pour ton courage, ce ne doit pas être facile même aujourd'hui. Merci de nous faire partager ton expérience ça doit aider beaucoup de personnes qui n'osent pas en parler.
Bonne continuation et plein de bisous.

Ecrit par : Ptitange30 Le 05-01-2009 à 18:53
Je dois dire que ton récit m'a fait venir les larmes aux yeux. Il est vrai que ce qui t'es arrivé n'est pas facile à endurer, mais ce qui me fait le plus de peine, c'est la façon dont le personnel médical s'est occupé de toi ce jour là.
Étant en études de médecine, je me dis que je ferai tout pour ne jamais faire subir de telles choses aux patients. Il est déjà assez dur comme ça de devoir faire le deuil d'un enfant, les inconnus n'ont pas besoin d'en rajouter une couche.
Dans tous les cas, je te félicite car tu as su tenir le coup, et je suis sure que maintenant, tu ne regrettes pas d'être restée et d'avoir pu t'occuper de ta fille.

Je t'embrasse.
Ptitange

Ecrit par : clochette66 Le 13-12-2008 à 23:44
Bonsoir!
Je suis très émue par cette tragédie et sa m'a remué le sang, je comprend que tu as eu beaucoup de souffrance (qui n'en aurait pas eu!), je te trouve très courageuse en tout cas, car c'est vraiment un très mauvais passage.
Sache que chaque humain de cette terre ne doit jamais retenir ses larmes et que le silence ne doit pas être Roi. C'est une bonne chose de l'avoir faite partager avec nous ton histoire et personnellement je t'en remercie beaucoup pour la confiance que tu donnes.
Ton petit "ange" restera gravé dans la mémoire de ton cœur et dans celle de sa famille pour l'éternité, car y penser c'est le faire vivre au Paradis jusqu'à l'infinie.

Je te fait de gros bisous d'amitiés

 
 
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