Sexo & Love - Mon père est atteint d'une hépatite C

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Mon père est atteint d'une hépatite C
Mon père est atteint d'une hépatite C
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Un amour autre, l'amour d'une famille, un couple lié, l'amour de ses enfants

Vivre en famille avec une personne malade
Notre histoire est sans doute celle de beaucoup de familles, mais je voudrais qu'elle soit porteuse d'un message d'espoir pour ceux qui doutent, du fait des traitements très longs, douloureux, pénibles pour le malade et très lourd pour l'entourage.
En bref, l'origine de la maladie
Toujours par transmission sanguine, lors d'une opération, d'un échange de seringues (beaucoup d'anciens et toxicomanes actuels ont cette maladie et beaucoup sans le savoir). Le virus de l'Hépatite C, présent dans le sang devient alors une arme destructrice contre le foie, et pour ne pas dramatiser une liste d'autres organes dans le corps. Il faut savoir que le foie est un élément nettoyeur et régulateur de l'organisme très important dans le corps humain.
La détection
Mon époux avait une très grande fatigue depuis 2 ou 3 ans, inexpliquée, et finalement les analyses ont montré un avancement important d'une hépatite C, puisqu'une cirrhose au stade 4 avait pu se dévellopper ainsi que de l'hypertension portale, comme quoi on peut avoir une cirrhose sans être alcoolique (afin de modifier les idées reçues).

Après 3 mois d'examens, analyses, biopsies, un traitement lourd a été mis en place d'Interféron associé à la Ribavirine,Doliprane, Alvocardyl, pour faire baisser la pression sanguine afin d'éviter la rupture des varices dans l'estomac ce qui provoquerait une hémorragie très dangeureuse.
Le traitement, ses effets
La prise de ces médicaments a immédiatement entrainé un état d'aplasie quasi resté permanent, cinq jours sur sept, à plus de 39 ° de température, une formule sanguine à faire peur, des diarrhées sanglantes quotidiennes, une très mauvaise humeur permanente, des maux de tête insoutenable, des nuits d'insommnies.

Un homme devenu sans force, sans espoir, avec sa souffrance au quotidien, qui s'est retournée contre notre famille, Et là, ce fût le plus dure à vivre : notre petite fille avait alors 4 ans ½ à cette époque, et d'un seul coup elle n'a plus reconnu son papa qui la rejettait totalement, ne s'interessait plus à elle, râlait en permanence, ma fille alors adolescente de 13 ans ½ pareille, et moi-même qui vivaient son insupportable quotidien, moralement, physiquement, financièrement.

Chaque mois il fallait se rendre à l'hôpital à 55 km de chez nous, subir d'autres analyses, échographies, biopsies, mise en place d'un protocole sur la recherche du cancer car le dernier stade de cette maladie, c'est le cancer du foie avant le décès.
Le drame familial et financier
Mais aussi il a fallu assumer financièrement, nous sommes des smicards ou presque, mon époux, en longue maladie, a perdu 50 % de ses revenus, moi des journées de travail pour l'accompagner, le soutenir.

J'ai dû m'organiser pour la garde de mes enfants, cette maladie est transmissible par le sang, et pire se sont accumulées des factures, où plutôt surfactures comme l'eau indispensable dans le traitement de mon mari, les douches successives , les chasses d'eau, (dans une région où l'eau est à plus de 4 euros le mètre cube), l'hygiène qui s'en suivait, l'électricté, bref un manque à gagner de plus en plus flagrant.

J'ai eu le choix soit :séparer notre famille dans la difficulté liée à la gestion de la maladie : envoyer mes enfants ailleurs et m'apitoyer sur mon sort, où alors prendre les choses en main avec les moyens du bord, je travaillais moi-même à 60 km de notre domicile, je ne conduis pas et pour couronner le tout l'arrêt de train unique, sur notre commune a été supprimé.

Autant vous dire que j'ai eu vraiment de grands moments de désespoirs, toujours avec la hantise de devoir le laisser seul, ou avec les enfants quelque fois.
Notre bataille pour gagner la sienne
Après une pause de 4 mois sur le traitement qui semblait avoir pris, à nouveau rechute, et là ce ne fût plus gérable, notre bailleur, merci à lui qui avait une maison à louer sur la métropole soignante nous l'a proposé, grosse galère financière, déménagement, avec l'aide d'amis légionnaires que je remercie, ô combien encore aujourd'hui, et là l'émotion me submerge quand je repense à mon époux qui essayait de porter une planche de meuble et qui a perdu connaissance, et j'ai réalisé combien dans sa dignité il souffrait de sa différence physique en face d'hommes forts.

Mon époux jouait au football toutes les semaines, il est ceinture marron de judo, adore la natation, et charpentier de son métier, et il ne pouvait même plus porter une planche !

Et là, tout à dégénérer, aggraver par la perte de contrôle de ses mouvements, il ne pouvait même plus conduire, ni manger seul parfois ou monter un escalier.

Le plus dur, fût de vivre D2J0 :

- le rejet de cette maladie par une partie de notre famille
- les conditions financières de vie,
- pour lui sa diminution physique,
- la solitude dans laquelle je me suis retrouvée.

Alors, pour donner à cet homme là tout ce qu'il souhaitait, la première chose étant de ne pas voir que nous étions malheureux à cause des conditions financières, la deuxième qu'il ne voit pas combien j'étais épuisée par mon boulot, les veilles qui s'en suivaient ( je n'ai pas dormi plus de 3 heures d'affilées en trois ans) mais il le fallait, c'est mon mari, le père de ma fille !

Il fallait le nourrir à la petite cuillère il avait tellement maigri, l'obliger à prendre son traitement, le rituel de l'Interféron, Il devait pouvoir garder sa dignité d'homme, et de père !

Alors j'ai utilisé tous nos crédits disponibles jusqu'à l'impossible, , pour payer les factures, faire garder les enfants, compenser son manque de salaire, pour ne pas perdre notre logement, pour faire face comme j'ai pu (à cette époque là nous avions encore 3 enfants à charge).

Peut-être que ce n'était pas bien je ne sais pas, mais depuis 8 mois, il n'y a pas de récidive, c'est gagné l'hépatite C est vaincue, donc la progression de lacirrhose s'arrête et tout ce qui va avec, il va continuer à vivre avec nous pour tout le temps !
Maintenant : Juillet 2008
Peu à peu, il retrouve des forces,la sécurité sociale l'a mis en invalidité de catégorie 2, pour un an car l'effet du traitement se retrouve encore pendant une année au moins, ma fille gardera son Papa, un jour il pourra l'emmener à l'autel quand elle se mariera.

Ils partagent aupourd'hui de grands éclats de rires, des sorties, je souffle un peu, je dis bien un peu, car en invalidité il y a encore moins d'argent, et là je suis plus qu'endettée, mais notre plus grande victoire, c'est que dans notre solidarité familiale, notre soutien au quotidien, lui s'en sorte !

Je dirais aujourd'hui à tout le monde de bien regarder comment sont faites vos assurances, car personnellement, sans doute par ignorance, je me suis fait avoir, je suis obligée de payer ces crédits même si mon époux est en invalidité, mais je le ferais c'est très dur, vous n'êtes pas crédible dans le handicap quand il n'y a rien à hypothéquer, ils ne veulent pas savoir contre quoi je me suis battue : garder une famille en harmonie, des enfants qui rient à la vie, un mari qui cesse progressivement d'être dépressif et renoue avec le bonheur et la joie de vivre

Je vous le dis à tous battez vous pour l'amour de vos proches, ne baissez pas les bras, cachez vous pour pleurer, nous avons si peu de droits qu'il faut les user jusqu'à la moëlle pour s'en sortir. Et ça marche, nous l'avons vécu !

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Edité par Annick ALARIO DE CARDENAS (Bloomdenfer) Publié le 27-07-2008
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Commentaires publiés

Ecrit par : cricri1956 Le 17-10-2008 à 22:25
Je n’ai plus de mot pour te dire mon admiration vraiment j’en ai les larmes aux yeux merci d’avoir partagé cela avec nous
du courage t’en a et t’en aura toujours quelle belle preuve d’amour pour ton mari et tes enfants quelle force tu a
Je te souhaite de te sortir de tout vos souci du fond du cœur
Bisous

Ecrit par : Fifimamy Le 11-09-2008 à 13:51
Merci pour cette belle leçon de vie et d'espoir.
Comme quoi, tant qu'il reste un soupçon de vie, il ne faut jamais baisser les bras.
Tu as toute mon admiration pour avoir eu le courage de te battre sans jamais démissionner.
Et enfin, tu as remporté ton combat contre cette foutue maladie.
Il y a donc quand même une justice quelque part.

 
 
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