Culture & Loisirs - Reste avec moi, d'Anne-Marie Mitterrand

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Reste avec moi © Manuscrit
Reste avec moi
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Nous sommes en Septembre 1967. De Gaulle titube, François Mitterrand, capable de tout pour satisfaire son ambition, est aux aguets.

Un père, une fille, un amour fort. Une souffrance pour la mère, l'épouse qui en est exclue. Un impossible couple à trois, Mathilde en est l’otage.

Avant 68, les traditions résistent, en cas de divorce, pas de garde partagée, l’enfant revient à la mère. Mathilde grandit dans la peur du départ de son père, cependant consciente d’être la laisse du collier dont la mère étrangle le père pour garder le mari, elle accepterait qu’il s’en aille. "Délivre-toi, lâche-là, vas-t-en." Se sacrifie la fille : « lèvres closes, ni parole, ni reproche, je veux te regarder aller vers le bonheur. Vas-y papa. » L’avenir sans lui est un trou noir. "Reste avec moi" pense-t-elle.

Il ne l’abandonne pas pour elle, promet d’aller au bout du mariage. Ballottée, tiraillée, coupable, Mathilde avance tant mal que bien dans une enfance de grande personne. Et puis la peur s’efface… Elle a tant de chance, sous ses fenêtres la Seine traverse Paris, sa ville, majestueuse, autour d’elle, attentifs, une nounou aimante, un curé plein de sagesse. Envie de chanter, de danser, de remercier.

Le mois du muguet approche, mai 68 se prépare, la révolution gronde, Mathilde s’y engage. Que de nouvelles ouvertures d’un seul coup ! La société française est inégalitaire, l’expansion économique ne profite qu’aux riches, De Gaulle est un antique scrogneugneu soutenu par des affairistes et des banquiers, la richesse doit être distribuée, et divers axiomes, dont elle n’aurait jamais subodoré l’existence.

Infinies discussions de café en café, garçons et filles unis contre l’ordre et les lois, chaleureuse communion. Finie la soumission imposée, interdit d’interdire, le pouvoir est à nous, au diable les contraintes, plus de notes, plus de bac, droit à l’orgasme, droit aux loisirs… Mathilde s’amuse. Quelques courtes semaines seulement.

On n’échappe pas à son destin, bourgeoise tu es, bourgeoise restera.

Il est grand temps de prendre les armes. Mathilde revient à sa place.

En conquérant, le Général De Gaulle est de retour à l’Elysée.
« La République n’abdiquera pas, le progrès, l’indépendance et la paix l’emporteront avec la liberté. Vive la République ! Vive la France ! »

Le 31 mai 1968 une véritable marée humaine remonte les Champs Elysées.

On a gagné, on a gagné. Vive De Gaulle. Vive la France !
Mathilde ferme les paupières pour retenir les larmes du bonheur.

Le cœur exultant, portée par son athlète blond, son cousin, son homme, sa joie atteint son paroxysme, elle n’imaginait pas tenir si fort à son pays, depuis des mois, la peur d’avoir à le quitter lui nouait le ventre, la France, sa patrie va renaître. Paris, la plus belle ville du monde, elle en adore les pavés, les quatre chevaux du pont Alexandre, l’obélisque de la Concorde, la Seine toujours calme, Paris, la ville que ses ancêtres ont contribué à construire, Paris nous est rendu. Paris ma ville.
On entonne l’hymne national.

Que c’est bon. Que c’est beau. Merci. Merci.
Mai 68 a bouleversé le monde, changé les mentalités, neutralisé les valeurs établies.

La première question s’impose : Anne-Marie Mitterrand, pouvez-vous vous présenter ?

Je porte un nom célèbre mais ne suis qu’une nièce rapportée, par alliance la nièce du Président François, la belle-sœur du Ministre Frédéric. Ni sportive, ni chef d’entreprise, je suis juste une mère de famille qui ne peut se passer d’écrire, l’écriture est pour moi une merveilleuse fatalité, chacun son évasion, c’est la mienne. Les larmes aux yeux, la rage au cœur ou dans un éclat de rire, c'est à travers mes personnages que je vis la puissance et la gloire, la douleur de la trahison ou les affres de la jalousie. « Reste avec moi » est mon dixième roman.

Quel est le thème central de ce livre ?


En fait, je traite à égalité deux sujets dans ce livre. L’un étant l’amour éperdu qui unit une fille à son père, un sentiment rare à l’adolescence, en général une époque de la vie pendant laquelle il est courant que l’enfant s’oppose à ses parents. Mais ce roman raconte aussi le formidable besoin de la jeunesse des années 60 de se faire entendre, une volonté de détruire les valeurs de la bourgeoisie qui explose avec les évènements de Mai 68, jusqu’à engendrer une révolution qui ne sera pas sanglante mais va changer le monde.

L’opposition entre les partis politiques occupe une grande place dans « Reste avec moi ». Dans vos romans, êtes-vous toujours aussi concernée par la politique ?

J’admets être concernée par la politique. A mon sens l’atmosphère politique qui règne dans un pays conditionne l’être humain. Même s’il la refuse, il subit l’influence des courants politiques auxquels il est soumis, il ne peut y échapper, ses sentiments, son parcours, sa pensée sont dirigés soit par son adhésion, soit par son refus. Mon livre précédent, « Attends-moi, j’arrive » racontait les Français sous l’occupation, en 40 comme en 68, le caractère de chacun était déterminé par le choix politique, collaborateur, résistant, ou neutre. L’homme se définit également dans sa vie professionnelle ou sentimentale par la manière dont il réagit aux propositions politiques qui lui sont offertes.

Qu’aimeriez-vous partager avec les lecteurs en priorité ?

Je voudrais partager avec mes lecteurs la beauté d’un attachement fort, que ce soit l’amour de sa patrie, celui d’une mère, d’un père pour son enfant, celui qui lie un homme à une femme, je voudrais transmettre l’émotion d’un sentiment qui échappe à la médiocrité, résiste aux épreuves et dure dans la grandeur. C’est une chance à laquelle tous n’ont pas droit.

Ce livre est-il autobiographique ?


Pour exprimer avec justesse la mentalité propre à un milieu, à une famille, il faut en être pénétré, je raconte donc celle dans laquelle je suis tombée par la naissance. Je connais bien l’univers fermé de la bourgeoisie mais j’invente, les faits, les êtres, les sentiments, le roman accorde à l’auteur le droit au mensonge et l’autorise à lâcher des vérités qu’il devrait taire. Pour satisfaire l’imagination, c’est génial !


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Anne-Marie Mitterrand © DR
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Edité par Delf_elleraconte Publié le 27-01-2012
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