Maman - Suivi de grossesse de mon accouchement à domicile

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Accoucher à domicile
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Je suis maman d’une petite fille de presque quatre ans et j’ai eu le bonheur de donner naissance à mon fils il y a un mois.

J’ai fait le choix d’accoucher à domicile, pour partager avec mon mari et nos enfants l’arrivée d’un nouveau membre dans notre famille.

Ce choix si particulier est tout d’abord une décision qui ne doit pas se prendre à la légère, et d’autre part un parcours particulier qui implique un suivi de grossesse un peu différent de celui proposé lorsque l’on décide d’un accouchement en hôpital ou en clinique.

C’est ce suivi de grossesse que je me propose de décrire ici, preuve, s’il en fallait une, que l’accouchement à domicile ne signifie pas inconscience ou inconséquence.

Après avoir résidé quelques années à Paris, j’ai été mutée en province. Ma fille, mon conjoint et moi-même avons donc changé de vie et migré vers le sud et le soleil pour raison professionnelle. Sans que ce soit planifié, nous nous sommes retrouvés dans une des régions les plus riches en sages-femmes libérales pratiquant l’accouchement à domicile.

La grossesse attendue a débuté en début d’année et, quand certaines contactent leur gynécologue, j’ai contacté une sage-femme. Pour la trouver, il ne suffit pas d’ouvrir un annuaire de professionnels, les coordonnées de ces perles rares se trouvent sur le site internet de l’ANSFL (l’Association Nationale des Sages-femmes Libérales).

J'ai contacté rapidement un cabinet proche de mon domicile. Là encore, le suivi n’emprunte pas le chemin classique : là où un gynécologue donne rapidement un rendez-vous pour prescrire une prise de sang afin de déterminer le dosage Beta HCG (pour déterminer le début de grossesse), la sage-femme m'a fixé rendez-vous pour une première rencontre un mois plus tard.

Lors de ce premier contact, elle m'a demandé à la fois la date de mes dernières règles et le début présumé de ma grossesse.

Le premier rendez-vous se passe au cabinet des sages-femmes. Il est important de choisir des professionnelles dans une zone géographique relativement proche puisque les consultations se déroulent dans leur cabinet. Elles ne se déplacent souvent au domicile de la femme enceinte qu’en fin de grossesse.. Et évidemment lors de l’accouchement !

Ce premier rendez-vous est un entretien. La sage-femme souhaite connaître les motivations des futurs parents qui les ont décidés dans la voie de l’accouchement à domicile. Elle s’intéresse à l’histoire de la cellule familiale (la fratrie, les accouchements précédents etc.).

A son tour, elle décrit sa vision de son rôle d’accompagnatrice, de la grossesse et de l’accouchement. La vision des futurs parents doit être en harmonie avec celle de la sage-femme qui les suivra tout au long de l’aventure.

Généralement, cet entretien n’est pas une consultation.
Selon la sage-femme consultée, il n’est pas systématique qu’une prise de sang soit demandée. Pour ma part, aucune demande en ce sens ne m’a été faite.
Nous avons convenu d'une date de consultation le mois suivant.

Je suis repartie du cabinet, après y avoir passé plus d'une heure et demie, convaincue d’avoir trouvé la sage-femme qui m’accompagnerait au bout de mon projet.

Comme lors d'un suivi de grossesse non pathologique normal, nous nous sommes revues au rythme d'une consultation mensuelle.

La sage-femme considérait la grossesse comme une chose naturelle et ne nécessitant pas à priori d'examens invasifs.

Comme j'avais eu une première grossesse menée à terme sans aucun souci, elle a réduit la consultation aux vérifications de base. Elle m'a demandé si elle pouvait prendre ma tension, m'a demandé mon poids sans me demander de me peser devant elle...

Pour réduire au maximum les examens et prises de sang je lui ai ramené les résultats d'analyse effectuées lors de ma première grossesse (toxoplasmose, taux de fer...)

Bien sûr, toutes les sages-femmes libérales n'ont pas des façons identiques de procéder, mais elles ont en commun de prendre en compte le ressenti de la femme et de lui laisser le choix de mener sa grossesse comme elle l'entend.

Ainsi, ma sage-femme ne m'a demandé qu'une fois en fin de grossesse si je souhaitais qu'elle examine mon col et elle a respecté mon choix quand je lui ai indiqué que je ne pensais pas que ce soit nécessaire.

De la même manière, durant le premier trimestre elle m'a rappelé que le tri test pour détecter les trisomies et les échographies étaient certes des examens remboursés, mais non obligatoires.

J'ai décidé de faire les échographies. J'y ai appris avoir un placenta bi-partita (placenta en deux morceaux, reliés par une fine membrane) qui d'après le peu d'informations disponible sur internet, pouvait représenter un risque d'hémorragie à la délivrance.

L'échographiste n'a fait aucun commentaire et seule la sage-femme m'a rassurée "peu importe sa forme, l'essentiel est qu'il sorte. Il n'y a pas de raison que ce ne soit pas le cas".

Sachant que les sages-femmes libérales prennent la responsabilité de toute complication survenant pendant un accouchement à domicile, le fait qu'elle soit sûre d'elle m'a apaiée plus que si un professionnel de santé couvert par une assurance et une structure hospitalière m'avait tenu un discours équivalent.

Au deuxième trimestre, le test O'sullivan est souvent prescrit pour mesurer le taux de sucre dans le sang et un éventuel diabète gestationnel.

Ce test consiste en deux prises de sang, l'une à jeun et l'autre après avoir absorbé une forte dose de sucre.

Toujours dans le souci du confort de la future maman, la sage-femme ne prescrit pas toujours cet examen. Dans mon cas, elle s'est limitée à demander une glycosurie qui mesure le taux de sucre dans les urines.

Une prise de sang sera malgré tout effectuée pour vérifier la sérologie et vérifier que la femme enceinte ne porte pas des maladies telles que l'hépatite.

Le troisième trimestre n'a pas fait l'objet de plus de contrôles que les précédents.

J'ai ramené d'une consultation une liste de matériel à avoir à disposition pour le jour J (alèses, bassines...) et j'ai eu pour mission de solliciter de mon médecin généraliste une ordonnance pour une bouteille d'oxygène.

Celui-ci a fait la prescription, mon pharmacien a commandé l'oxygène et quelques jours plus tard, j'ai pu ramener chez moi une petite bouteille d'oxygène, un masque à oxygène adulte et son équivalent pédiatrique. Ainsi, en cas d'urgence, la sage-femme pouvait gérer la situation en attendant le transfert vers l'hôpital.

La sage-femme m'a informée que je pouvais accoucher chez moi que si mon bébé pointait son nez après une certaine date. Elle n'est venue qu'une fois à domicile puisque j'ai accouché avec un mois d'avance.

Pouvant comparer ce suivi de grossesse avec le précédent, réalisé par des sages-femmes en maternité, j'y ai trouvé bien plus d'humanité en cela que la future maman est avant tout considérée comme un individu et non comme un corps, une mécanique à vérifier.

Cependant, ce suivi est susceptible de ne pas convenir à une première grossesse chez une future maman qui ne connait pas son corps et les bouleversements qu'il rencontre, ou qui ne lui fait pas assez confiance.


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Edité par Blairote Publié le 02-11-2010
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