Maman - Témoignage : mon accouchement à domicile

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Témoignage d'un accouchement à domicile © Shutterstock
Témoignage d'un accouchement à domicile
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Depuis le début de ma grossesse, je prévoyais un accouchement à domicile. J’étais suivie par deux sages-femmes qui avaient toute ma confiance et celle de mon mari.

Lors d’une des dernières consultations, elles nous avaient donné rendez-vous pour une visite à domicile début octobre et avaient précisé que mon bébé n’étant plus considéré comme prématuré à partir du 27 septembre, il fallait qu’à cette date j’ai à disposition tout le matériel nécessaire et surtout la bonbonne d’oxygène en cas de détresse respiratoire à la naissance.

Le 28 septembre la bonbonne était dans notre chambre et je disais à mon mari qu’enfin notre fils pouvait pointer le bout de son nez.

Les sages-femmes nous avaient fourni une liste avec tout ce qu’il nous fallait et consistait surtout à acheter deux grands saladiers, des alèses jetables et mettre de côté un vieux drap housse pour le lit.

Le principe était d’avoir sur le lit un drap housse, de le couvrir d’alèses jetables et de mettre par dessus un autre drap qui ne craignait rien.

J’avais trouvé un rideau de douche qui allait emplir le même office que les alèses et qui attendait sagement plié dans un saladier, posé sur une commode de la chambre.
Les conditions de sécurité et de confort étant remplies, j’étais prête. Mon fils aussi.

Le lendemain, le 29 septembre, je profite que tout le monde soit à la maison pour ne rien faire ! Ma fille fait une sieste avec moi, mon mari et mes beaux-fils vaquent à leurs diverses occupations.

La journée s’écoule tranquillement. Je suis un peu barbouillée, comme cela m’est déjà arrivé deux ou trois fois depuis le début de ma grossesse et je reste au lit. Ma fille joue avec ses frères puis elle part en balade à vélo avec son père.
Lorsqu’ils rentrent, l’après-midi touche à sa fin. Ma fille s’est endormie.

Je ne me sens toujours pas très bien, je le dis à mon mari.
A 19h00, il me demande si ce n’est pas le travail qui commence. Je lui réponds que c’est trop tôt, bébé ne doit arriver que dans un mois et je ne ressens pas de douleurs de contractions. J’ai des crampes dans le ventre mais elles n’arrivent pas par vagues, ne gagnent pas en intensité avant de disparaitre.

Je fais des allers-retours entre la chambre et la cuisine. Il est bientôt l’heure de faire à manger aux enfants, mon mari va s’en charger, je ne suis même pas sûre de me mettre à table avec eux.

Une crampe me prend à nouveau, je retourne m’aliter mais je ne suis pas à l’aise. Je me redresse et dès que la douleur s’estompe, je retourne voir mon mari «tu avais raison, c’est le travail qui commence. D’ailleurs là, j’ai une contraction. »

Il me dit qu’il vaut peut-être mieux appeler la sage-femme puisque j’accouche vite. Je ne suis pas sûre, j’hésite, alors il prend la décision et décroche le téléphone.

Il est 20h00. Notre sage-femme lui dit qu’elle finit sa soupe et se met en route. Elle a 30 minutes de trajet jusqu’à chez nous.
De retour sur mon lit, sur lequel j’ai posé mon gros ballon de grossesse, je me place à genoux.

Je m’appuie dessus à chaque contraction et me redresse dès qu’elles se calment. Je pousse des râles à voix basse. Pour mon premier accouchement, j’avais crié très fort mais là je ne voulais pas effrayer ma fille. Je pousse des sons graves, les contractions s’enchainent et me laissent peu de répit.

Le plus jeune de mes beaux-fils vient me voir et me demande si j’ai mal. Je lui réponds calmement que oui, mais que tout va bien et qu’entre chaque contraction, je n’ai aucune douleur. Je lui dis aussi de retourner au salon car s’il est là lors des contractions, je risquerais de lui répondre de façon un peu vive. Il comprend tout de suite et rejoint le reste de la famille au salon.

J’ai mal, vraiment mal. J’appelle mon mari. Je crie car il est à l’autre bout de l’appartement. Je voudrais qu’il soit là avec moi dans la seconde, je trouve qu’il met beaucoup trop de temps à venir.

Il arrive en fait assez vite et me dit qu’il fallait qu’il finisse de faire à manger aux enfants. Ils sont tous à table et donc mon mari peut rester avec moi. Je me détends.

Je me lève pour qu’il prépare notre lit, installe le sandwich de draps au rideau de douche. Je suis par terre, à genoux, appuyée contre le lit. Dès qu’il a fini, je remonte dessus.

Je prends appui sur les épaules de mon mari, puisqu’il est là, plus besoin du ballon de grossesse. Comme il est grand, je peux m’accrocher à lui sans me pencher et cela me soulage beaucoup le dos.

Il est seulement 20h20 mais comme je fais contraction sur contraction, il rappelle la sage-femme. Elle est en voiture, à 10 minutes de notre ville.

Je râle bruyamment. J’espère être déjà bien dilatée, qu’au moins la moitié du chemin soit faite car j’ai mal, je le dis à mon mari.

Juste après, je perds les eaux. Je constate avec plaisir que le rideau de douche rempli efficacement son office, j’ai les genoux qui baignent dans deux petites mares. Je ne bouge pas, j’attends la contraction suivante pour voir si elle sera plus douloureuse. Elle arrive, elle est de la même intensité que les précédentes et je demande à voix haute, pour la forme, pourquoi cela doit-il être aussi douloureux.

Mon mari pose les mains sur le bas de mon ventre, à ma demande, pour inviter notre bébé à descendre, comme nous l’avions vu pendant les séances d’haptonomie. Après chaque contraction, nous sentons tous les deux la progression de notre fils.

Je lui parle, je l’encourage et lui demande de descendre doucement. Mon corps travaille comme une machine bien huilée, je sens mon bassin s’élargir et même mon mari l’entend craquer !

Je suis consciente de chacun des mouvements de mon corps et de mon bébé. Je pose la main sur mon périnée, suivant toujours les conseils de l’haptonomie.

A la troisième contraction, le crâne de mon bébé se pose doucement au creux de ma main. Je sens ses petits cheveux, et la peau fripée, chaude et humide.

J’ai l’impression que le temps s’arrête. Je n’ai pas besoin de pousser à la contraction suivante pour que la tête sorte en entier et tout le corps de mon bébé. J’amortis avec ma main son atterrissage sur notre lit. Il est couvert de vernix, il est grand et beau.

Mon mari apporte une petite couverture pour qu’il ne se refroidisse pas. Je l’enveloppe et le garde contre moi. J’ai la présence d’esprit de regarder l’heure. Il est 20h40.

Nous couvrons vite le lit de serviettes pour cacher le sang et nous somme bien inspirés car les enfants ont entendu les petits pleurs et déboulent dans la chambre. Ils ont les yeux qui brillent en faisant connaissance avec leur petit frère.

La sage-femme arrivera dix minutes après. Elle est souriante et nous dit qu’elle se doutait que le bébé la prendrait de vitesse.
Comme le cordon ne bat plus, elle montre à mon mari comment le clamper puis le couper. Elle noue le cordon avec une petite ficelle.

On ne mesure pas notre fils et à la pesée, il affiche un joli 3kg100, plus qu’honorable quand on sait qu’il a un mois d’avance.

Une petite heure après la naissance, la sage-femme m’aide à expulser le placenta. En maternité, le délai avant une révision utérine sous anesthésie est de 30 minutes ; accoucher à domicile m’a permis de ne pas passer par là.

Après une rapide inspection, la sage-femme m’indique que je n’ai que quelques éraillures, les points sont inutiles.
Je vais prendre une douche tandis que mon mari refait un lit présentable et que la sage-femme réchauffe une assiette de pâtes qu’elle vient m’apporter dans la chambre.

Je suis propre et je n’ai mal nulle part, je suis dans un grand lit propre et confortable, j’ai un bon repas chaud à disposition, ma famille et mon bébé tout juste né avec moi. Je nage dans le bien-être.

Notre nouvelle vie à six peut commencer.


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Edité par Blairote Publié le 02-11-2010
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Commentaires publiés

Ecrit par : Bretzelle59 Le 11-07-2011 à 11:24
Oh oui magnifique des frissons à lire chaque phrase

Ecrit par : blairote Le 08-12-2010 à 21:04
Merci :)

Ecrit par : korkydoux Le 08-12-2010 à 19:07
Magnifique......

 
 
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