Maman - Un accouchement à rebondissements

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Accouchement
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Mardi 20 janvier 2004.
Il est 8h et des poussières, je suis enceinte de 8mois et quelques jours.

Mon homme vient de partir travailler. Quelque chose me tiraille le ventre, très léger, trois fois rien. Mais ça revient toutes les 5minutes très précisément. Oh oh, on dirait que le grand jour, c'est pour aujourd'hui!

Pas d'affolements, je n'ai pas perdu les eaux, aucune réelle douleur, je me sent bien, tout va bien.
La matinée se passe, les contractions s'espacent.

J'ai de toute façon rendez-vous à 14h30 pour la visite du 9éme mois avec mon gynécologue. Bébé patientera bien jusque là.
Au cas où néanmoins, je fignole les valises, je colle des post-it avec écrit " manque la brosse à dents", "manque le pyjama" etc...

Des fois que...
14h30, je me rends a la maternité pour mon rendez-vous, toujours zen, les contractions sont devenues très anarchiques, beaucoup moins nombreuses, ça devait être une fausse alerte.
Examen gynéco: col ouvert à 3cm. " Madame vous allez rester avec nous!"
bien monsieur, permettez que j'appelle le papa?
"Allo chéri? ne t'affole pas, tout va bien, mais je vais accoucher d'ici ce soir! Si éventuellement tu pouvais trouver 5minutes pour venir me tenir la main, je t'en serais reconnaissante"

Chéri panique, of course, rentre à la maison finir les valises et me rejoint.
Je suis en chambre double ( il parait que la pleine lune a fait se remplir la maternité. Juré, moi, je l'ai pas fait exprès). Une jeune femme à coté de moi me demande si je souffre. "souffrir ? tu parles, c'est de la rigolade, ça chatouille à peine, quand j'entends toutes ces femmes qui racontent des contractions à se tordre, quelle bande de comédiennes quand même!"

16h, on m'emmène en salle de travail, le col s'ouvre doucement, on me répond gentiment que pour la péridurale, c'est trop tard! Comment ça trop tard, je suis là depuis mes 3cm! Bon, pas grave, même pas peur!

17h, le gynécologue ( qui doit voir sa journée se terminer et s'impatienter, soyons médisantes ) arrive et m'examine. Il décide de rompre la poche des eaux pour accélérer le processus.

Il s'exécute donc, toujours aucune douleur, tout va bien.
Une contraction arrive, mon homme me l'annonce en surveillant le monitoring, merci chéri, heureusement que tu es là, je serais passée à côté sinon!

Sauf que là, la chanson a changé! Je ne rigole plus du tout, les contractions s'accélèrent, et cette fois, ça fait mal!
On me propose de la morphine, qui induira que mon bébé parte en couveuse pendant 2h après l'accouchement. Après un héroïque refus, je me ravise et la réclame. Morphine+ masque a oxygène, je suis zen, un peu trop, je n'ai qu'une envie: aller dormir, débrouillez-vous sans moi!

Bon apparemment ça n'est pas possible.

19h, le gynécologue revient et me demande si je ressent l'envie de pousser. Pas du tout!

20h, même question, même réponse!

21h, le cœur du bébé ralentit, on s'affole autour de moi, une injection en vitesse, et tout semble rentrer dans l ordre.
Sauf que le liquide amniotique est teinté ( de sang) , que bébé est toujours bien perché tout en haut de l'utérus et ne semble pas du tout pressé de descendre, je suis dilatée à 8cm, et ça ne bouge plus depuis un bon moment.

Le gynécologue fait les 100pas entre la salle de travail et le couloir, j'entends pele-mêle "césarienne", "anesthésie générale", " rachi-anesthésie", "péridurale"
Et pendant ce temps là, les contractions reviennent toutes les minutes, je souffre, j'en ai marre, je veux que ça se termine, et que quelqu'un prenne enfin une décision!

Enfin on m'emmène au bloc, le papa se retrouve abandonné dans le couloir. j'ai droit à une rachi-anesthésie, qui me redonne le sourire, je ne sent plus les contractions, c'est du bonheur!
22h17, mon petit ange sort enfin, poussé par la sage-femme et attrapé par le gynécologue.
A peine le temps de l'apercevoir qu'on l'emmène au bain avec son papa pour 1er témoin ému.

Un petit tour en salle de réveil et je regagne ma chambre, sans mon fils comme prévu, à cause de la morphine.

23h, le papa rentre se reposer à la maison.
Minuit, l'infirmière rentre dans ma chambre suivie par la pédiatre, et m'annonce sans ambages " Ton bébé a un problème ". Le sol s'effondre, j'entends dans un brouillard la pédiatre m'annoncer que mon enfant perd du méconium ( 1éres selles de l'enfant ) par le nombril, que c'est extrêmement rare, qu'elle ne sait pas si son pronostic vital est en jeu ou non, et que le SAMU va arriver pour l'emmener en unité de néonatalogie à l'hôpital ( j'ai accouché en clinique) , puis qu'il partira demain pour un autre hôpital équipé d'une équipe de chirurgie pédiatrique, à plus de 100kms de là.
En raison de la césarienne, je n'ai pas le droit de l'accompagner.

Le monde s'écroule, je pleure à n'en pas finir. Pourquoi nous? pourquoi lui? Pourquoi?

J'ai droit à à peine 5minutes avec mon bébé pour lui dire au revoir, et il part, loin. Sans que je sache si je le reverrais.
Terrible attente, épreuve insoutenable. Il ne sera opéré que le jeudi matin d'une fistule omphalo-mésentérique, une sorte de jonction entre l'intestin et le nombril, censée se refermer avant la naissance, mais qui a oublié de faire son boulot chez mon petit trésor. Un cas sur 85000 si ma mémoire est bonne. On m'avait annoncé une laparotomie ( grande ouverture en travers de l'abdomen), finalement le chirurgien est passé par voie ombilicale.

Le vendredi je suis autorisée à retrouver mon enfant, je pars allongée en ambulance, trajet long et douloureux, mais enfin je vais revoir mon bébé.

Le mardi d'après, on rentrait tous à la maison, en ayant soigné avant ça une magnifique jaunisse!

Un périple qui depuis a laissé des traces, non pas physiques, mon grand garçon ne garde aucune séquelle de cette "aventure" et la cicatrice est invisible pour qui ne sait pas; mais psychologiques pour moi. J'ai toutes les peines du monde à être séparée de lui, je vis dans l'angoisse comme toutes les mères qu'il lui arrive quelque chose , je suis une mère poule, trop peut être, mais surtout pleine d'amour que mon ange me rend au centuple.


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Edité par Lillie Publié le 03-05-2008
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Commentaires publiés

Ecrit par : wenta Le 10-08-2008 à 22:52
Bonjour,
quelle aventure pour un si petit ange !
mais l'essentielle c'est que tout va bien maintenant, je vous souhaite tout le bonheur du monde !

Ecrit par : karinette016 Le 31-07-2008 à 23:55
Et bien quel recit emouvant !! maintenant ton garçon est magnifique. ne culpabilise pas d'etre une mère poule, tu as bien raison la vie est courte ! il faut profiter de son enfant.

Ecrit par : ponette19 Le 23-06-2008 à 22:59
Wah quel accouchement!
moi j'ai eu une césa en urgence mais beaucoup moins tumultueuse que toi.

ca a du etre vraiment dur qu'on t'annonce de cette facon que ton bb avait un souci, et encore + de le voir partir.

je comprends parfaitement que tu sois maman poule, c'est que tu te rend compte de la chance que tu as de l'avoir auprès de toi!!

Ecrit par : pemose95 Le 10-06-2008 à 15:06
Sacrée mésaventure qui heureusement se termine bien. Une chose tout de même, de maman à maman, pour l'instant, votre fils est encore jeune seulement relisez la fçon dont vous écrivez votre histoire, on a l'impression que c'était hier. Tout ça pour dire que le temps passe très très vite. Et dans finalement pas si longtemps que ça, vous allez vous retrouvez avec une future belle-fille possible, à ce moment-là, attention à vous car la place de votre fils va devenir très difficile avec d'un côté une maman-poule qui risque de vouloir gardée sa place et qu'il ne voudra pas décevoir, et de l'autre la femme de sa vie qui par définition risque d'être une "rivale" bien malgrés elle. Je pense important que votre fils sache que quoi qu'il fasse, il restera toujours votre fils même s'il n'est pas toujours d'accord avec vous, qu'il a le droit d'avoir ses propres opinions même si elles sont différentes des vôtres. Si je vous dis ça, c'est pour éviter les problèmes que vous risquez de rencntrez plus tard si vous ne les anticipez pas. Cordialement.

 
 
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