SOLEIL13
Question de SOLEIL13


Bonne journée à chacune, la suite



De la nouvelle Carmen, à demain :


Je traverse le parc de Saintes. Les immenses marronniers centenaires encore dépouillés étendent leurs bras les uns vers les autres. Près du petit kiosque à musique, octogonal, à l’architecture néoclassique, un enclos présente des volatiles variés, qui se mêlent à quelques chèvres…L’endroit est privilégié des petits, qui malgré l’interdiction, apportent du pain et autre nourriture aux animaux captifs.
Les souvenirs me reviennent, ma petite « madeleine » à la Proust.
Les arbres commencent à peine à revêtir leur jeune feuillage après un hiver assez rigoureux pour la région. Les moineaux sautillent en piaillant devant les miettes jetées par les enfants. C'est une magnifique soirée de printemps...

Je sens qu'une vie nouvelle me submerge, mais la mort rôde en moi. Surprenant paradoxe qui m'ébranle.
Je pose mon corps sur un banc, et s’envole mon esprit en nostalgie.

C'était une belle journée estivale de juin 2008...au goût étrange, mystique.
Carmen avait dix ans, moi quatorze. Ce parc était notre jardin. Il proposait de nombreux de jeux pour les enfants, et puis, nous y retrouvions souvent nos amies d’école.
Nous quittions toujours la maison sous les conseils de notre mère :
- Et surtout pas d'imprudence, les filles. Adeline je te confie ta sœur, et vous rentrez vers dix-huit heures. D'accord ?
- Ouais m’man ! Braillions-nous en chœur, en déboulant les marches de l’appartement.

Ce mercredi, il faisait très beau. Très chaud. Les vacances approchaient et la nature le pressentait, les enfants aussi.
Entre les barres parallèles, les hauts toboggans ou le cache-cache, Carmen se démenait comme une petite folle !
Moi, je papotais sur un banc avec mes copines du collège. Les inévitables conversations adolescentes sur les garçons ou les profs...Du coin de l’œil, je surveillais Carmen. Depuis sa naissance, je suis LA grande sœur, LA responsable....

Elles étaient trois fillettes à passer d'un jeu à un autre. Je remarquai, sur le banc proche de leurs jeux, une mamie qui les observait très attentivement. Ou plutôt, elle ne les quittait pas des yeux !

En fait, c'est Carmen qu'elle zyeutait, cette femme !
De temps en temps, elle plissait un peu plus les rides de son visage, et son expression devenait d'une absolue tristesse. J’étais très intriguée. Parfois, elle prenait sa tête entre les mains, et restait ainsi un moment, d'autres fois, elle souriait en l'air, aux nues !

Notre mère nous a toujours enseigné la méfiance envers les inconnus, mais cette dame âgée ne m’effrayait pas. Elle m'intriguait !
Preste, elle intercepta ma sœur qui passait près d'elle en courant. Elle s'adressa à elle. De loin, je vis Carmen, tranquille, qui lui répondait gaiement.
Le regard de la vieille s'éclaira soudain, et un sourire énigmatique embellit ses traits fripés. De quoi parlaient-elles?
Je souhaitais en avoir le cœur net. Je m'approchai d'elles.
- Je m'appelle Carmen, rétorquait ma sœur à la question posée.
Le visage de la femme se métamorphosa comme si un fantôme lui était apparu. L'enfant ne saisissait pas ce qui se passait, et répétait, je m'appelle Carmen et j'ai 10 ans !
- C'est étrange....Vraiment étrange...murmura la vieille dame, pensive, tu es vraiment jolie, tu sais, tu me rappelles quelqu'un que j'ai bien connu.

L'enfant, rattrapée par ses camarades, délaissa les propos énigmatiques de la femme et s'en retourna jouer, insouciante.

Le visage chiffonné se tourna alors vers moi et, je découvris des yeux bleus perçants qui me scrutaient avec acuité.
- Je sais que ma question va te paraître curieuse, mais, tu peux me donner la date de naissance de ta petite sœur. Je t'expliquerai ensuite.
- Ben, si vous voulez....mais, pourquoi....je sais pas trop...
- N'aie pas peur de moi, Petite, c'est juste une question pour satisfaire une vieille curieuse !
- Alors…Elle est née le 21 mars 1998 à Saintes....Je répondis vite en mangeant à moitié mes mots. Je n’étais pas rassurée mais j'ignorais pourquoi…
La vieille se tint la tête et, les yeux fermés, s'affaissa doucement. Je m'assis près d'elle sur le banc, et la retins.
- Madame, Madame....
Je la sentais s’évanouir. Elle n’allait tout de même pas mourir là ! J’étais affolée. Je criai « au secours »....Mon hurlement la ramena au présent. Elle rouvrit ses grands yeux profonds, et me murmura :
- Ça va, petite, ça va mieux....Merci. Je vais rentrer chez moi maintenant pour me reposer. Je reviendrai samedi, et je te raconterai.


Il y a 2 ans
Réponses (2)
Banchais49
Je te raconterais que c'est ma petite fille !!!

Il y a 2 ans
Banchais49
Ou elle trouvait une ressemblance avec sa petite fille enlevée de la maternité !!!

Il y a 2 ans
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